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L'Oeil de Brutus

FRANCOIS HOLLANDE : DIS MOI QUI TE CONSEILLE, JE TE DIRAI QUI TU ES (mis à jour).

8 Avril 2012 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

le changement c est maintenantFRANCOIS HOLLANDE : DIS MOI QUI TE CONSEILLE, JE TE DIRAIS QUI TU ES (mis à jour).

 

 

 

 

L’essentiel de ce billet s’appuie sur un article de Renaud Lambert paru dans l’édition de février 2012 du Monde diplomatique : Les économistes à gages sur la sellette.

 

 

Je m’étais déjà insurgé contre l’hypocrisie des deux principaux candidats à la primaire socialiste (Lire Aubry et Hollande se foutent-ils de notre gueule ?). L’article du Monde diplomatique précité permet d’en savoir plus.

 

Ainsi de Jean-Hervé Lorenzi, qui se présente dans tous les médias en tant que président du Cercle des économistes, est un des conseillers économique de François Hollande[1]. Pourtant, Le CV de M. Lorenzi contient bien d’autres fonctions, sur lesquelles il se fait plus discret :

-          Il siège aux conseils d’administration de PagesJaunes, d’Associés en finance, de l’Association française des opérateurs mobiles (AFOM), de BNP Paribas Assurances.

-          Il est membre du conseil de surveillance de la Compagnie financière Saint-Honoré, de BVA[2], du Groupe Ginger.

-          Il est conseiller du directoire de la Compagnie financière Edmond de Rothschild.

Par le passé, il a également été conseiller du président du groupe HAVAS (1979-1981) et directeur général délégué de Gras Savoie[3](1995-1999)[4].

Associé il y a peu à Olivier Pastré pour rédiger Droite contre gauche ? Les grands dossiers qui feront l’élection présidentielle (Fayard 2012), il n’y hésite pas à encourager les lecteurs à « renoncer aux illusions de l’Etat protecteur » et à « faire enfin le pari audacieux en faveur du marché », tout en évitant de « porter des jugements trop hâtifs » sur les banques. Maintenant, on sait à quoi s’attendre …

 

Elie Cohen[5], un autre proche de François Hollande, se présente régulièrement en tant que directeur de recherche au centre national de la recherche scientifique (CNRS) et professeur à Sciences Po. C’est oublier qu’il est membre des conseils d’administration de PagesJaunes et d’EDF Energies nouvelles. Le 17 août 2007, il annonçait sur LeMonde.fr que « dans quelques semaines le marché se reformera et les affaires reprendront comme avant »[6]. On connaît la suite …

 

Dans les think tanks proches du PS chargés d’alimenter le programme du candidat, on trouve également quelques CV intéressants. Ainsi de Gilles Finchelstein, directeur de la Fondation Jean Jaurès. Du moins, c’est le titre qu’il prend lorsqu’il s’exprime en public. Mais cet ancien du cabinet de Dominique Strauss-Kahn oublie aussi de préciser qu’il est par ailleurs directeur des études d’euro RSCG, le groupe de conseil en communication qui travaille pour, entre autres, France Telecom, Veolia et EDF[7].

 

 

 

CROYEZ-VOUS VRAIMENT QUE C’EST AVEC DE TELS CONSEILLERS QUE L’ON PART EN GUERRE CONTRE LA FINANCE ? Et ce d’autant plus lorsque l’on affirme dans les colonnes du Guardian (14/02/2012) que « La gauche a gouverné pendant 15 ans, pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir. »

 

 

Le gouvernement Fillon n’est pas non plus en reste. Le Conseil d’analyse économique (CAE), placé auprès du 1er ministre et chargé d’orienter les choix économiques de l’Etat, compte parmi ses 28 membres : Patrick Artus (Natixis), Daniel Cohen[8] (Banque Lazard), Christian Saint-Etienne (Conseil stratégique européen), Jean-Paul Betbèze (chef économiste du Crédit Agricole), Jacques Delpla (senior advisor pour BNP Paribas), Michel Didier (président de COE-Rexecode), Olivier Garnier (directeur adjoint de la Société Générale), Michel Godet (administrateur de la société Bongrain et de l’AGIPI, un partenaire d’AXA), Mathilde Lemoine (directrice des études économiques et de la stratégie marché à HSBC France), Philippe Tainar (économiste en chef à la SCOR[9])  et …Elie Cohen et Hervé Lorenzi ! Les mêmes conseillers asservis aux banques pour le gouvernement issu de l’UMP que pour sa prétendue alternative de gauche, le PS !

 

 

Dans son ouvrage sorti en 2011, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, s’exprimait ainsi : « Toute promesse de conquête sociale expose à la dégradation de la note d’un pays par les agences de notation. C’est inacceptable mais c’est provisoirement ainsi. Tel est le dilemme de la gauche : combattre ou trahir »[10].

 

Vous savez maintenant quel est le choix du PS.

 

 

 

 



[1] C’est même sur le site officiel de François Hollande : http://francoishollande.fr/actualites/francois-hollande-reunit-les-experts-economiques

[2] Institut de sondage.

[3] Premier courtier français en assurance : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gras_Savoye .

[5] Cf Le Nouvel observateur, 20/10/2011, Amis, experts, stars : le clan de François Hollande

[6] On peut retrouver l’intégralité de l’interview sur le site de l’intéressé : http://www.elie-cohen.eu/article.php3?id_article=277

[7] Lire Sophie Coignard, Romain Gubert, L’Oligarchie des incapables, Albin Michel 2012, pages 147-148.

[9] Société de réassurance.

[10] Benoît Hamon, Tourner la page, Flammarion 2011, cité par Ibrahim Wade, Le Règne des agences de notations, Manière de voir, mars 2012.

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