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L'Oeil de Brutus

LE PARTI DES 170 000 TRAITRES … ET LES AUTRES

29 Avril 2013 , Rédigé par L'oeil de Brutus

LE PARTI DES 170 000 TRAITRES … ET LES AUTRES

LE PARTI DES 170 000 TRAITRES … ET LES AUTRES

« La première trahison est irréparable. Elle provoque, par réaction en chaîne, d’autres trahisons dont chacune nous éloigne de plus en plus du point de la trahison initiale. »

Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être, Page 137.

 

170 000. C’est le nombre d’adhérents revendiqués par le Parti socialiste. Ce parti qui aujourd’hui semble organiser une fronde contre l’austérité imposée par l’Union européenne et Mme Merkel. Alors même qu’il y a quelques mois il votait le traité qui organisait et institutionnalisait le carcan de cette même austérité. Ce même traité qui était un abandon de plus de notre souveraineté. De la souveraineté du peuple français. Comment peut-on oser crier contre la rigueur quand on a l’a soi-même inscrit dans le marbre des traités[i] ? Ce semblant de fronde est un outrage de plus à l’intelligence des Français. Nul besoin de chercher des coupables à Bruxelles ou à Berlin. Le premier des coupables est au cœur de Paris, sise au 55, rue du faubourg Saint-Honoré.

Cela fait 30 ans que le parti socialiste a inscrit la trahison dans ses gènes. Il trahit son électorat, à commencer par les classes populaires, il trahit la France. Il trahit ses convictions, par exemple en passant du keynésianisme à l’inepte concept de « socialisme de l’offre » qui ne fait qu’enfoncer un peu plus notre pays dans le marasme économique. Il trahit ses promesses, comme l’atteste le pathétique programme de M. Hollande, devenu dès l’automne 2012, feuille morte volant au vent. A défaut d’être une machine à perdre, ce parti est une machine à trahir. Oh, je ne doute pas qu’il existe en soin des militants sincères qui croient encore à la force de leurs idées. Mais qu’ils aient aujourd’hui le courage et la lucidité de regarder la vérité en face : leur parti n’est plus qu’une usine à prébendes et petits plaçous auquel on adhère dans l’espoir d’une belle carrière (peu importe la cohérence avec les idées, l’éthique et le comportement personnel, n’est-ce pas MM Cahuzac, Guerini, Augier, Teulade, Désir, Kucheida et autres DSK ?), d’un bon poste dans un quelconque cabinet, d’un neveu à placer dans une collectivité, d’une subvention à obtenir pour une quelconque association. MM et Mmes les adhérent(e)s du PS, s’il y a encore une petite parcelle d’idéal dans votre âme (et peu importe ce que sont ces idées qu’au demeurant je ne partage pas forcément), vous devez déchirer votre carte. Ne faites pas comme M. Hamon qui ne va pas jusqu’au bout de son constat : « Toute promesse de conquête sociale expose à la dégradation de la note d’un pays par les agences de notation. C’est inacceptable mais c’est provisoirement ainsi. Tel est le dilemme de la gauche : combattre ou trahir »[ii]. Tout à votre aise, vous pouvez constater que MM Hollande et Ayrault, comme d’ailleurs M. Hamon, n’ont définitivement pas fait le choix du combat. Vous, vous pouvez encore. A moins qu’ils ne s’agissent davantage de choisir entre les prébendes et les convictions.

Mais que les militants de l’UMP, s’il en est, ne se réjouissent pas trop à la lecture de cet article : leur officine politicienne est tout autant une machine à trahir. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le programme qui était le sien en 2007 et ce qu’il en a fait par la suite. Il suffit de constater que ce parti a voté en masse l’abandon de la souveraineté française à la technocratie bruxelloise. Il suffit d’assister au duel pathétique de ses deux petits chefaillons, sans programme, sans idées, sans vision pour la France. Deux coqs de basse-cour, la tête inerte et les pieds dans le fumier. Seuls comptent les egos et les prébendes qu’ils pourront distribuer à leurs vassaux. L’UMP aussi est une machine à trahir.

Le Front national ? Mais laissez-moi rire ! Ultralibéral et libre-échangiste hier, keynésien et protectionnisme aujourd’hui. Antisocial sous le père, social sous la fille. Le FN n’a pas encore trahit ses électeurs mais c’est simplement faute d’avoir exercé des responsabilités. En attendant, il passe déjà son temps à trahir ses idées au gré des vents les plus porteurs. Populiste ? Même pas. Opportuniste, oui ! Il n’y a qu’un point que le FN ne trahit pas : celui de sa rhétorique de la haine de soi et de l’entre-nous. Sur ce point, de Coblentz à Vichy, il est bien le digne héritier de l’extrême-droite française.

Reste le Front de gauche et les Verts. Illusoires conglomérats de doux rêveurs espérant encore le Grand Soir, rouge pour les uns, vert pour les autres (et pour une bonne partie, un peu des deux). Mais derrière les diatribes médiatiques du pétulant leader du FDG ou de quelques autres maoïstes repentis et reconvertis en khmers verts, que reste-t-il ? Des alliances de fait avec le PS. On brasse de l’air devant les micros et on s’arrange discrètement en coulisse. Que voulez-vous, il reste bien encore quelques mairies et quelques postes de conseillers généraux à défendre. En mendiant les prébendes politiciennes du PS, le FDG et EELV n’en sont que de petits vassaux sans saveur, sans odeur et sans réelles convictions, n’en déplaisent aux apparences.

 

Alors que faire ? D’aucun verront ici des accents à la Jean-Paul Marat, réclamant 170 000 têtes comme on demande un café au petit-déjeuner. Il n’en rien. 170 000 cartes de membres de ces partis – et bien plus encore - déchirées, brûlées, piétinées seront amplement suffisantes pour sortir notre pays de l’ornière où les basses combinaisons politiciennes l’ont jeté. C’est le sens de la recomposition politique appelée de ses vœux par Henri Hude. Ou encore « Du balai comme la moindre des choses » pour Frédéric Lordon. Comme à chaque heure grave de notre histoire, « notre peuple porte de graves blessures, mais il suffit d’écouter battre son cœur malheureux pour connaître qu’il entend vivre, guérir, grandir. Le jour va venir où, rejetant les jeux stériles et réformant le cadre mal bâti où s’égare la nation et se disqualifie l’Etat, la masse immense des français se rassemblera sur la France. »[iii]

 

 

 

[i] On remarquera que quelques éléments du PS avaient, très médiatiquement, annoncé leur opposition au dit traité en votant contre, tout en adoptant une position nettement plus souple lorsqu’il s’est agit de le transposer en loi organique (par exemple Mme Lienemann et M. Emmanuelli pour de parler que des plus médiatiques d’entre eux). Lire Magali Pernin, Les parlementaires votent la règle d’or et oublient leur opposition au traité budgétaire, Contre la Cour, 25/11/2012.

[ii] Benoît Hamon, Tourner la page, Flammarion 2011, cité par Ibrahim Warde, Règne des agences de notation, Manière de voir , mars 2012.

[iii] Charles de Gaulle.

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jean-marc 19/02/2016 17:46

les socialistes renient leurs pensees . moi aussi . aux prochaines elections je vote front national .

jerome 11/12/2015 06:32

bonjour et bravo pour votre article !
je croyais être le seul à voir la traitrise du socialisme envers le monde ouvrier (depuis Mitterrand).
Coup de poignard dans le dos. Mais qui manipule ces traitres ? Quels sont leurs buts sinon de détruire la France ? Mondialisation, ouverture des frontières, actionnariat, capitalisme. Nous allons être réduit en bouillie (j'ai connu une France de la sidérurgie, de l'électronique, du textile etc...)
Je ne vois qu'une solution. Plus de président ni de cinquième république mais un secrétaire général élu au suffrage universel et la votation directe des français sans se déplacer pour tous les sujets importants. Tous les politiques ne seront impliqués qu'à appliquer la volonté du peuple comme des grattes papiers. Souveraineté nationale rétablie et tout le reste.
Mais que reste-t-il du peuple français ? Vers qui se tourner ?