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L'Oeil de Brutus

L’ETHIQUE PROTESTANTE ET L’ESPRIT DU CAPITALISME (4/6) : LES DIFFERENTES SECTES PROTESTANTES

21 Mai 2013 , Rédigé par L'oeil de Brutus

L’ETHIQUE PROTESTANTE ET L’ESPRIT DU CAPITALISME (4/6) : LES DIFFERENTES SECTES PROTESTANTES

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Le piétisme

Au sein de calvinisme, il est difficile de tracer une frontière entre piétistes et non-piétistes (page 148). L’une des grandes particularités du piétisme par rapport aux autres dérivés du calvinisme est qu’il relativise le poids de la prédestination[i] : les fruits de la Foi (chez l’homme) peuvent mûrir avec le temps, le savoir est secondaire et l’homme se réaliser par la piété[ii] (page 149). En outre, les piétistes jauge la prédestination avec une certaine méfiance car ils estiment qu’elle peut mener au fatalisme (page 154).

 

Le méthodisme

Contrairement aux autres courants du calvinisme, le méthodisme adopte un caractère profondément émotionnel, rompant donc avec le rationnel (page 166), mais surtout de part son concept de « régénération », on pourrait croire qu’il rompt avec la prédestination (page 169). Pour Weber, il n’en est rien : l’aspect émotionnel des cérémonies religieuses n’induit nullement une rupture avec la conduite rationnelle quotidienne et le fait d’être « régénéré » peut très bien résulter d’une prédestination. Aussi en conclut-il qu’il n’est pas utile de considérer le méthodisme comme une rupture avec le calvinisme (sur les points de son étude) (pages 170-171).

 

Le baptisme

Pour Weber, piétisme et méthodisme sont secondaires dans les mouvances issues du puritanisme. A contrario, le baptisme, et ceux qui en sont issus (mennonites et surtout quakers), ont une influence majeure sur l’ascétisme protestant (page 171) car leur éthique repose sur des fondements différents de celle du calvinisme originel (page 172). En effet, le baptisme ne se veut pas une Eglise regroupant, comme chez les autres calvinistes, les justes et les injustes, mais une communauté regroupant les seuls justes et excluant les injustes. En ce sens, le baptisme est donc bel et bien une secte (page 173). Pour les Baptistes, la révélation est offerte à chacun qui sait attendre et se détacher du monde (page 174), d’où leur tendance à s’exclure du monde extérieur (page 175), à exiger de leurs membres une conduite irréprochable et un rejet sincère du monde et de ses intérêts (page 176). La doctrine baptiste rejette ainsi la prédestination pour la remplacer par l’idée d’attente et d’espoir (page 178), mais conserve un fort caractère rationnel et objectif, justement dans cette optique d’attente (page 179).

 

Après avoir analysé les courants majeurs du protestantisme, Weber constate, qu’au-delà des différences doctrinales, toutes demandent un style de conduite spécifique, exigeant et radicalement différent de celui de « l’homme naturel ». Aussi, « l’individu était donc motivé à contrôler méthodiquement son propre état de grâce dans sa propre conduite », ce qui induit obligatoirement « une mise en forme rationnelle de l’existence entière » (pages 184-184). Par ailleurs, ce rapport à la prédestination a entrainé la résurgence, au bénéfice des puritains, de la conscience du « peuple élu[iii] » (page 202).

 

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[i] Notamment par conséquence de son rejet du formalisme dans les cérémonies religieuses, ce qui laisse tout à chacun l’occasion de s’exprimer devant la communauté.

[ii] La piété devient alors, en quelque sorte, le Beruf.

[iii] Qui trouve son épanouissement dans le messianisme américain.

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