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L'Oeil de Brutus

RESISTANCE A L’IDEOLOGIE : POURQUOI IL FAUT LIRE HENRI HUDE.

28 Mars 2013 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

terrorisme-intello

 

 

RESISTANCE A L’IDEOLOGIE : POURQUOI IL FAUT LIRE HENRI HUDE.

 

 

 

 

 

 

Initialement, j’avais tenu à demeurer à l’écart du débat sur le mariage gayi, et ce pour deux raisons :

  • Je jugeais que cette mesure ne consistait pour le gouvernement qu’à se donner l’illusion de l’action pour masquer son incompétence et son absence sur tous les autres sujets.

  • J’estimais que ce débat relevait d’une manipulation pour faire croire à un artificiel clivage entre le PS et l’UMP alors que dans tous les autres domaines ils sont idéologiquement très largement convergentsii.

Ces deux points n’ont pas changé. Initialement, je n’avais pas non plus d’avis tranché sur la question. Ce n’est plus le cas mais ce n’est pas ce n’est pas vraiment ce qui justifie cet article. Si je partage les idées du philosophe René Girard, relayées par Henri Hude, sur le fait que l’une des caractéristiques majeures de l’Homme est son talent d’imitateuriii, je trouve une origine supplémentaire à l’identité humaineiv. Dans une logique purement darwinienne, la présence de l’homme sur cette Terre n’a pas de sens. Nos enfants sont extrêmement faibles, vulnérables et dépendants tout en mettant un temps extraordinairement long à arriver à maturité. Aucun autre animal n’a une procréation aussi fragile. Avec une telle faiblesse, nous aurions du disparaître depuis longtemps. Il n’y a qu’une chose qui a permis à l’Homme d’aller au-delà de cet ordre naturel des choses : l’amour. L’amour que portent les parents à leurs enfants, et tout ce qui peut en découlerv. Or, dans un schéma de déconstruction-reconstruction, l’idéologie libérale-libertaireviprétend pouvoir faire de cet amour un élément purement artificielvii. Elle se prend pour dieuviii, au risque de détruire l’Homme. C’est que je refuse.

Mais, encore une fois, l’évolution de mon avis personnel n’est pas la question. Ce dont il est question ici, c’est que l’opposition au mariage gay est en train de largement dépasser son cadre initial et de s’inscrire dans une véritable résistance à une idéologie totalitarisante. Le mariage gay n’est ici plus qu’un simple symbole, qui peu certes avoir son importance, mais un simple symbole tout de même. Ce qui est réellement important c’est que s’élève dans notre pays un mouvement qui, tout en demeurant pacifique, s’oppose avec force et vigueur aux préceptes de l’idéologie libérale-libertaire. S’esquisse alors peut-être enfin une prise de conscience des classes moyennes, qui ne demande qu’à être rejointes par les classes populairesix – pour leur part encore plus maltraitées et méprisées par les idéologues –, pour mettre à bas cette oligarchie qui ruine notre pays et l’avenir de nos enfants. Mais ici le simple essayiste qui tente de faire valoir son opinion de citoyen à ses heures de loisir doit laisser le pas à la pensée du philosophe. C’est pourquoi je vous encourage tous vivement à libre cette très belle tribune d’Henri Hude : http://www.henrihude.fr/mes-reflexions/50-democratiedurable/295-la-plus-grande-manifestation-de-lhistoire-de-france

 

 

 

 

 

ii On remarquera d’ailleurs que la bien molle résistance de l’UMP au projet de mariage gay semble surtout avoir été une résistance de principe, comme d’habitude en fait ...

iii Ce qui lui a permis d’être un extraordinaire moteur de progrès dans tous les domaines, mais aussi un terrible générateur de violence.

iv Mais comme je ne connais pas tous les écrits de René Girard, ni toux ceux d'Ehenir Hude, peut-être retrouverait-on cet élément dans leurs pensées.

v Notamment son corollaire : la violence et la haine pour protéger ses enfants.

vi Et c’est d’ailleurs le propre de toute idéologie : prétendre remodeler le réel à sa guise.

vii Il ne s’agit nullement ici de remettre en cause le schéma de l’adoption tel qu’il existe déjà. Relevons simplement que ce schéma de l’adoption « traditionnelle » existe pour palier à des situations exceptionnelles : celles d’enfants sans parents ou, de manière encore plus exceptionnelle, celles d’enfants sans parents en mesure de les élever décemment. Or, le projet du mariage gay, ou plutôt ce qui en découle, prétend faire de cette exception une norme puisqu’il n’y est pas question d’une évolution de ce schéma d’exception mais bien de son élargissement pour satisfaire au désir d’une soi-disant « égalité » d’une minorité (et même probablement d’une minorité à l’intérieur d’une minorité). D’où l’abomination qui a fleuri dans les (faux) débats du « droit à l’enfant », comme si l’on avait le « droit » d’adopter un enfant comme d’aller se chercher un animal à la SPA. Autre argument couramment évoqué : les couples gays seraient tout aussi bien en mesure d’éduquer les enfants qu’un couple hétérosexuel (ce qui est effectivement très probablement le cas). Ce n’est pas là la question, ou si c’est le cas alors l’argument pourrait très bien être étendu aux familles polygames et là on ne sait plus ou s’arrêter … Enfin, dernier argument en cours : la Loi ne peut pas ignorer éternellement les évolutions sociétales. Outre le fait qu’il faudrait au préalable se demander si c’est bien une évolution sociétale, l’argument ne tient pas la route : l’augmentation de la délinquance semble bien être elle-aussi, malheureusement, une évolution sociétale actuelle (sans pour autant mettre sur le même plan le mariage gay et la délinquance : qu’on ne prête pas des intentions que je n’ai pas), faut-il pour autant « légaliser la délinquance » ?

Nous ne sommes pas non plus dans une espèce de schéma historique prolongeant la dépénalisation de l’homosexualité et de l’avortement. Dans ces deux cas, il s’agissait de combattre des emprisonnements liés aux affinités sexuelles des uns (ce qui ne relève que purement de la sphère privée) et au choix de mettre fin à une grossesse non désirée (dans une certaine limite). Le projet du mariage gay ne mettra fin à aucun emprisonnement … Il est textuellement une question administrative, et non pénale, mais dans les faits une question philosophique et politique.

viii Ici sans référence aucune à une religion.

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seb 15/11/2013 20:13

Bonjour,

Commentaire très en retard de la part d'un inconnu :) . Je lisais par hasard votre article, et votre approche de la notion d'adoption m'a interloqué dans la mesure où vous semblez la présenter comme universelle. Ce qui m'a rappelé quelques cours d'histoires : http://fr.wikipedia.org/wiki/Adoption_en_droit_romain

J'en profite pour répondre sur le fond : même plusieurs mois après je ne comprend pas comment une loi sur le mariage civil a pu provoquer un tel débat. Avec ou sans loi les gens vivent comme ils l'entendent et c'est très bien comme ça. En fait je ne comprend pas pourquoi les uns veulent absolument obtenir le mariage alors qu'il y a déjà le pacs (ont-ils entendu parler du prix des divorces?) et je ne comprend pas pourquoi les autres tenaient absolument à refuser ce droit aux autres. Et enfin je ne comprend pas non plus pourquoi l'état tient tant à "marier" qui que ce soit. Si les gens veulent absolument se marier ils n'ont qu'à aller le faire à l'église, la mosquée ou la synagogue, ils font ça très bien.

Fétichisme, paganisme et idolâtrie que tout cela ...

J'en profite encore pour un rappel sur les notions qu'on trouve à l'origine derrière le mariage : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pater_familias

Est-ce vraiment cette conception de la société que vous vouliez défendre?

Cordialement,

L'oeil de Brutus 13/04/2013 11:01


Merci pour cet excellent commentaire  !

Brisson 12/04/2013 15:44


Je partage votre analyse ; le
mariage entre homosexuels n’est pas le but mais le moyen quand il va au-delà de l’union républicain (et de fait par nos lois européennes, elles automatisent des conséquences sociétales,) en
voulant dénaturé la procréation entre un homme et une femme, l’adoption…


Le sens du mot mariage (donc les
idées en forme, nos pensées matérialisées, nos mémoires, nos consciences…) tombe aussi : le couple devient paire (ou père sans « je » d’ « homo
») !


Quand l’individu a pris conscience qu’il était autre chose qu’un animal, son état premier, et
qu’il s’est organisé socialement, l’état a construit des lois (pour organiser, pour protéger, pour faire durer nos sociétés dans le temps et l’espace) en s’appuyant au moins à sa base sur la
nature même de l’être humain.


Quand l’homme rédige des lois contre nature, quand le moi est hors de soi, il devient moins
qu’une bête ! La déshumanisation est en marche.


Merci à Rousseau de l’avoir si bien exprimé.


(Et je rajouterai, toujours dans sa ligne et dans la continué de votre article, que dans sa
politique économique il fallait tout faire pour enrichir le pauvre, appauvrir le riche, en vue de généraliser la classe moyenne; à ce jour les écarts se creusent à en devenir même
un décalage).


Coupler avec les progrès de la science, la quête de l’immortalité grandit dans les égos des élites
gouvernantes prêtes à tout pour garder le pouvoir. Leur religion n’est pas spirituel, la vie de l’au-delà est sur terre, coute que coute. La laïcité tombe aussi dans le domaine privée ; la
guerre des religions reliées au Christ sont combattus.


Nos écrans de toutes natures nous
préparent ; ils sont périodiquement envahis d’hommes transmutés, de vampires, de zombies, de morts vivants, d’androïdes : la soif de la jeunesse éternelle ! Le mythe de Faust en
mouvement !


Serons-nous trahis par nos
proches ? Serons-nous les esclaves à la sauce des mondes d’Huxley ?  Nos lumières dirigeantes sont-ils seulement des
Lucifer ?


Le pouvoir divise. Construisons
notre unité avec nos proximités.