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L'Oeil de Brutus

REFLEXIONS SUR LE RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES (2/4) : L'HERITAGE DE M. SARKOZY

27 Juillet 2012 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

cour-des-comptes-France

  

Retrouver la première partie de cet article : cliquer ici. 

 

2/ L’HERITAGE DE NICOLAS SARKOZY

Pour éviter les polémiques, le rapport de la Cour des comptes ne s’attaque pas au bilan du quinquennat révolu. Pourtant, lorsqu’on y lit entre les lignes, ce bilan est bien là et il n’est pas flatteur.

Le solde des « opérations temporaires » (les actions ponctuelles et autres plans de relance) n’a été que faiblement déficitaire sous le quinquennat de M. Sarkozy (au maximum 1% du PIB en 2009). A contrario, le déficit structurel n’a cessé de croître jusqu’en 2010 pour atteindre 4,8%  du PIB en 2010. A partir de 2011, sous l’effet des mesures de rigueur, il a repris la pente inverse. En fait, l’accroissement des déficits sous le quinquennat tient autant de ces déficits structurels que des déficits conjoncturels liés à la crise (2% du PIB au plus fort de la crise en 2009). On peut donc légitiment se demander si le tandem Sarkozy-Fillon n’a pas mis la France en faillite pour justifier par la suite des mesures de rigueur sapant l’Etat-providence, stratégie classique des thérapies de choc néolibérales dénoncées par Naomi Klein[i] (lire Le Président Sarkozy et la stratégie du choc). En tout état de cause, son bilan demeurera – et de loin – celui du président qui a le plus creusé les déficits (lire Le Président à 300M€/jour).

En outre, la RGPP[ii] tant décriée initiée par le président Sarkozy, n’a eu que des effets limités puisqu’elle ne génère qu’entre 900M€ et 1,2Md€ d’économies par an, soit à titre indicatif 0,05% de la dette publique, ou encore même pas la moitié du manque à gagner de la réforme de l’ISF, sachant de plus, qu’une partie de ces économies est re-dépensée dans des mesures catégorielles. Et l’autre facette de la RGPP est autrement problématique : une désorganisation des services publics d’une part, et de l’autre des destructions nettes d’emploi en période de fort chômage. Il est en effet pour le moins normal de rationaliser les services publics et, si cela l’induit, d’en réduire ses effectifs. Mais, pour que l’Etat puisse conserver un rôle contra-cyclique, il eut été beaucoup plus pertinent de le faire en période de croissance plutôt qu’en période de crise économique ou la destruction des ces emplois de fonctionnaires ajoute au marasme du marché du travail : comment peut-on s’insurger contre PSA qui supprime 8000 emplois quand dans le même temps l’Etat en détruit des dizaines de milliers, car nonobstant les effets d’annonce, le président Hollande suit bel et bien les traces de son prédécesseur ?

De même, le gel du point de la fonction publique, qui a une conséquence forte sur la consommation des ménages, ne génère-t-il qu’une économie de 600M€/an.

 

 

 

La suite : cliquer ici.


[i] Naomi Klein, La Stratégie du choc, Actes Sud 2008.

[ii] Révision générale des politiques publiques, induisant, entre autres, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

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