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L'Oeil de Brutus

LES "WINNERS TAKE ALL"

3 Mai 2012 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Lectures

l'oligarchie des incapablesCet article est à insérer dans une série d’articles s’appuyant sur mes notes issue des la lecture de L’Oligarchie des incapables, de Sophie Coignard et Romain Gubert. Il ne dispense bien sûr en rien de la lecture de cet excellent ouvrage qui permet de bien comprendre comment une partie significative de notre « élite » a abandonné le service du bien commun.

 

En 1995, les sociologues américains Robert Franck et Philip Cook estimaient que les Etats-Unis étaient rentrés dans la « winners take all society ». C’est aussi le cas de la France (page 79). Les auteurs font remonter l’émergence de cette oligarchie aux années 80 et aux nationalisations menées par la gauche. Contrairement à ce à quoi elles pouvaient s’attendre, les familles possédant les entreprises nationalisées ont vu ce changement de propriétaire se conduire à de très bonnes conditions financières pour elles. Les nationalisations ont donc vu affluer dans leurs mains d’immenses masses d’argent et c’est de là qu’à pu se lancer la financiarisation de l’économie française. En outre, le rachat de grandes entreprises par l’Etat a permis de rapprocher la haute fonction publique et les cadres dirigeants du privé, initiant ainsi les pantouflages (pages 85-87). Depuis ce pantouflage n’a cessé de s’accroître. L’Inspection des Finances en est bien sûr la première des bénéficiaires : sur 210 inspecteurs en activité, 120 exercent leurs talents dans le privé (page 94).

Mais la gauche va aller encore plus loin : sous l’impulsion de Jean-Charles Naouri, directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy au ministère des finances, elle va lancer un vaste mouvement de libéralisation et de dérégulation de la finance, notamment via la création du Matif (marché à terme des instruments financiers, absorbé depuis par Euronext) et du Monep (marché des options négociables de Paris). Et une fois cette libéralisation financière bien lancée, où part pantoufler Jean-Charles Naouri ? Dans la banque que vient de créer David De Rothschild. Depuis l’ancien directeur de cabinet dans un gouvernement de gauche a fait son chemin (grâce notamment au groupe Casino) et se classe au 55e rang des fortunes françaises (pages 89-90).

 

    Pour retrouver les autres articles sur L'Oligarchie des incapables : cliquer ici.

 

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