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L'Oeil de Brutus

LE MINISTERE « DES DROITS DES FEMMES », CETTE ABERRATION

17 Septembre 2012 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

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LE MINISTERE « DES DROITS DES FEMMES », CETTE ABERRATION

 

 

Le gouvernement Ayrault a réussi ce tour de force, en pleine crise économique et avec un chômage galopant, de former un gouvernement de près de 40 ministères. Il a beau jeu ensuite de jouer les comptables exemplaires en affirmant qu’il réduit les rémunérations des ministres et limite le nombre de leurs collaborateurs (les effectifs des cabinets ministériels) à 15 (ce qui est encore bien trop !). Si ce gouvernement n’atteint pas un record sous la Ve République (égalant en cela les républiques bananières dans lesquelles il pousse des ministères comme de la mauvaise herbe dans une jachère), il ne doit pas en être loin. Soumis dans le même temps (contrairement aux engagements de campagne), au non remplacement d’un départ sur deux, simple continuité de la RGPP néolibérale sarkozienne, les fonctionnaires d’Etat apprécieront[i]. Quant aux salariés du privé qui subissent la multiplication des plans sociaux, on ne songera même pas à leur demander leur avis. Il paraît que la présidence « normale » se devait d’être exemplaire …

Les appellations de ces nouveaux ministères peuvent également laisser pantois, la palme revenant bien sûr au « ministère du redressement productif », vite devenu, assujettissement aux dogmes néolibéraux oblige, le ministère de l’effondrement productif, ô combien symbolique du renoncement, pour ne pas dire de la trahison, de son titulaire à ses vœux de « démondialisation ». M. le Président a ici bien retenu les leçons de lecture de Machiavel de son mentor et prédécesseur, François Mitterrand : le bourguignon démondialisateur s’en trouve rocardisé et n’est pas prêt de venir rejouer les troublions aux prochaines échéances présidentielles. Il est désormais démontré que M. Montebourg est de ses hommes que l’on achète avec un hochet, pourvu qu’il brille des feux des palais de la République. Quant à la productivité gouvernementale en elle-même, hormis les questions sociétales de seconde zone et les grelots d’agitation stérile, elle semble entièrement frappée d’aboulie dès lors qu’il s’agit de traiter les questions de fond qui pourraient améliorer la vie des Français (la fiscalité, la dette publique, l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, la réforme des collectivités, etc.).  

 

Mais il est un ministère qui attire l’attention plus que d’autres : le ministère des droits des femmes. Pour sa titulaire tout d’abord : jeune, belle, avec quelques accents exotiques, voilà qui suffit amplement à faire une belle carrière politique de nos jours. Une Rachida Dati ou une Rama Yade de gauche, en somme. Mais c’est néanmoins l’intitulé de sa charge qui surprend le plus. « Les droits des femmes » : cela sous-entend-il qu’ils sont différents de ceux des hommes ? Est-ce un appel à la discrimination, fût-elle positive ? Un ministère de la lutte contre les discriminations (négatives et bien réelles pour le coup) qui se trouvent être multiples tant de par leurs lieux que leurs formes et leurs types de victimes, eut été à la rigueur compréhensible. Mais le « droits des femmes » ? Doit-on prochainement s’attendre à une « déclaration universelle des droits de la femme » faisant éclater la supérioté d’un genre sur l’autre, comme une revanche après des millénaires de misogynie ? Et si chaque communauté susceptible de faire l’objet de discriminations doit bénéficier de son ministère, alors à quand le ministère des droits des Beurs ? des droits des Noirs ?  des droits des Jeunes ? des droits des Vieux ? des droits des Juifs ? des droits des Gays et Lesbiennes ? des droits des Roms (pour ce dernier, une direction collégiale Valls-Hortefeux-Guéant s’impose) ? des droits des militants du Modem ? des droits des Blondes ? des droits des mâles blancs hétérosexuels quarantenaires (il faut bien qu’ils en aient un à la fin puisqu’ils seront victimes de toutes les autres discriminations positives) ? des droits des crypto-trostkystes (aucun patron ne veut les embaucher et c’est une espèce en voie de disparition) ? des droits des amis de Nicolas Sarkozy ?

Bref. Les femmes ont beau représenter la moitié de la nation, créer un ministère dédié à leurs droits est faire œuvre de communautarisme et donc, in fine, se moquer de leurs droits, supposés ainsi différents de ceux des autres communautés. Mais ne nous trompons pas : il s’agit avec ce ministère, comme d’ailleurs avec à peu près tous les autres sujets, qu’agitation, tapages et occupations du terrain médiatiques. Pour les décisions, les actes et les réalisations concrètes, on repassera. Gageons que les féministes, ou du moins ce qu’il en reste, ne se feront pas leurrer par un tel paravent.

 

 



[i] Ceux des collectivités locales, qui voient fleurir à tout va les postes les plus abracadabrantesques (comme les 42 vice-présidents de l’agglomération de Perpignan !), de devraient eux pas être trop dépaysés. Article à venir sur ce sujet.

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OmniTech Support scam 10/09/2014 14:01

I am not really into politics and Human Rights. But this article has helped me a lot to understand more about the importance of Women’s Rights. The effort taken by the Ayrault government to form such a government with a number of ministries during the time of recession and unemployment is appreciable.

L'oeil de Brutus 18/09/2012 18:07


Merci pour cette excelente analyse Beatrix.
Cette approche très gramscienne n'est cependant pas l'apanage du parti socialiste. Par exemple, dans "L'Etat démantelé" Willy Pelletier et Laurent Bonelli montrent bien comment l'idéologie
néolibérale, sans pour autant être forcément organisée, s'est incrustée dans toutes les sphères décisionnelles pour s'imposer.
Pour ma part, je ne souscris absolument à une telle approche. La République et la démocratie ne sont pas affaires de réseaux, de lobbys et donc in fine de copinages qui prennent très rapidement
le pas sur le sens de l'engagement.
Simone Weil se prononçait pour la suppression complète des partis politiques (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Simone_Weil_Note_sur_la_suppression_generale_des_partis_politiques.pdf). Je ne
pense pas qu'il faille aller jusqu'à là et j'estime même que cela est dangereux car relève d'une approche totalitaires de la Raison. Mais par contre, ils doivent être fermement encadré et pour
cela la Loi doit empêcher toutes approche professionnalisante de la politique notamment en interdisant le cumul des mandats, le renouvellement de plus de deux mandats successifs, les pantouflages
et rétropantouflages des hauts fonctionnaires, l'influence excessive des cabinets, etc.

Beatrix 17/09/2012 21:22


Quoi de plus normal!?


Qu'y a-t-il en dessous d'un ministère, tout en bas? Il y a Le Socle, Le Sol, La Base, L'Assise.


Il est absolument indispensable pour tout parti gouvernemental de créer, et sans tarder, un maximum de minitères et ce pour plusieurs catégories de raisons.


La première est d'occuper le toit de la France dans sa plus large coupole pour dominer le pays dans sa plus large périphérie en créant, en cascade descendante des institutions de
communication-contrôle jusque dans la rue et dans les moindres petites ONG (associations). De denses réseaux de vaisseaux qui servent à la fois pour irriger le corps social de l'idéologie de ce
gouvernement et pour occuper le territoire de manière inébranlable, le couvrir nationallement et extra-nationalement. Le quinquénat sert aussi à préparer le maintien de son pouvoir d'opposition
en cas de non ré-élection. Assurément un décor bien planté qui promet d'être pérenne.


On appelle cela de l'investissement avec fonds de tiers (peuple) pour le futur pouvoir gouvernemental sortant.


Il faudrait recenser le nombre d'organismes, d'institutions, d'associations etc. de nationalité socialiste à tous les niveaux de la France pour juger de la solidité du parti politique. Un parti
gouvernemental doit rétribuer beaucoup pour ne pas être boudé ou déserté.


Ceci étant, Le moment est plus qu'opportun pour lui de créer massivement des ministères. Multiplié par 3 ou 4 fois le nombre d'organismes chargés de conduite de ses politiques
(manipulation)  dans chaque département, ensuite autant de fois dans chaque  commune et quartier, cela vous donnera une idée de son expansion et de son hégémonie (ancrage dans la
société civile au travers de moeurs mentales, socio-culturelles et intellectuelles).


 


N'oubliez pas que pour fidéliser ses serviteurs, il faut savoir faire preuve de reconnaissance par des largesses telles que privilèges physiques (argent, avantages) et symboliques (honneurs,
notoriété, respectabilité etc).


Largesses allègres puisque le peuple garantit!


 


J'ai eu l'occasion de lire en premièr apprentissage Robert Michels "Les Partis Politiques". Bien utile dans le contexte actuel avant "d'apprendre par-coeur" (faire le perroquet) le
Capital de Marx.


Pour gagner son combat, il faut forger ses armes.


Moi, je ne l'ai pas encore gagné. A l'école du gauchisme, on m'a donné des outils inadéquats. Depuis toujours nous avons été des centaines de million à nous y aventurer dans l'indifférence totale
des politiques de gôche.