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L'Oeil de Brutus

LE CRI DE LA GARGOUILLE

14 Décembre 2011 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Lectures

LE CRI DE LA GARGOUILLE

 

 

Editeur : Le livre de poche.

Année : 2002

 

L’auteur : Dominique de Villepin. 

 

Présentation générale :  

Dans une fulgurante synthèse historique, de la monarchie à 2003, Dominique de Villepin décrit la France comme le pays du pouvoir, un pouvoir aujourd’hui paralysé, divisé, confronté aux angoisses des français. Dénonçant « l’esprit de Cour » qui s’est répandu partout, les luttes de clan et les corporatismes accrochés à leurs privilèges, il fait un saisissant parallèle avec la situation de la monarchie et de l’aristocratie prérévolutionnaire. Il veut croire au sursaut collectif, au « passeur », l’homme providentiel qui mènera la « révolution pacifique » pour remettre le pouvoir et l’Etat au service de la France et des français. Pour lui, comme pour Malraux, ce qui caractérise l’époque contemporaine, c’est l’absence de décision, alors qu’aujourd’hui est venu « le temps de l’action ».

 

Points/idées particuliers :

-          S’appuyant sur Chateaubriand, il définit un cycle pour les systèmes politiques : l’âge des supériorités, l’âge des privilèges, l’âge des vanités.

-          Croit à la continuité de l’histoire de France.

-          Les 3 apories de la démocratie française :

o        Une démocratie sans peuple (diversité du peuple français).

o        Une pratique démocratique limitée au rituel de l’élection.

o        La guerre des légitimités entre l’exécutif et le législatif.

-          Dénonce un certain déséquilibre entre le pouvoir judicaire et les autres pouvoirs en France : la garantie des libertés n’y est pas assurée par le juge mais par la Constitution, malléable à volonté par le politique, ce qui tend de plus à politiser les magistrats. Mais paradoxalement, du fait des influences médiatiques, le juge d’instruction a gagné un pouvoir solitaire exorbitant.

-          Met en exergue la tradition de « réformisme autoritaire » (Philippe le Bel, Louis XI, Richelieu, Colbert, Napoléon, de Gaulle), imposé au nom de l’intérêt général en France.

-          Fustige une décentralisation incohérente et technocratique. Préconise un partage des responsabilités :

o        Aux communes et aux intercommunalités, la proximité.

o        Aux conseils généraux, les solidarités essentielles.

o        Aux régions, les questions économiques d’entreprises.

-          Dénonce le poids et l’irresponsabilité des médias. Préconise la création d’une Cour de contrôle, semblable à la Cour des comptes.

 

 

Citations :

-          « La France a une âme, un destin qui même au bord du gouffre lui fera trouver la parade, l’antidote au venin mortifère, l’issue au cauchemar. Elle vacille, mais ne tombe pas. Fascinante nation qui, par vents et tempêtes, stupéfiée ou à l’envol, veille comme gargouille accrochée à son rêve de pierre. »

-          « Plus elle (la noblesse) cesse d’être aristocratique, plus elle semble devenir une caste. »

Tocqueville.

-          « Les peuples démocratiques veulent l’égalité dans la liberté, et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage. »

Tocqueville.

-          « S’abandonnant à son intérêt, le citoyen, oublieux de la société et des devoirs qui sont les siens, devient l’enfant unique d’une démocratie d’individus. »

-          « Il (le politique) s’est démultiplié par la décentralisation, mais au prix d’une complexité accrue qui n’a fait que donner de nouveaux prétextes à l’immobilisme administratif et rendre illisible la cartographie du pouvoir. »

-          « L’esprit de mission s’est mué en esprit de conservation. »

-          « Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. »

-          « L’esprit de service a cédé la place à l’esprit de Cour. »

-          « Quand le trône chancelle, la coterie se resserre de plus en plus autour des rayons mourants du Soleil, tendant avidement les mains insatiables pour essayer de dérober un peu de chaleur à l’astre qui s’éteint. »

-          « Le déclin de la presse d’opinion […] a encore contribué à opacifier la situation en enlevant aux rédactions leur orientation politique affichée, qui avait l’avantage de la transparence et de la subjectivité assumées. »

-          « La justice ne se rend plus lors du procès, mais dès l’instruction, lorsqu’un juge solitaire s’élit maître du jeu en distillant des informations en principe couvertes par le secret de la procédure pour s’assurer l’appui de l’opinion ou céder au vertige de la notoriété. »

-          « L’accélération du temps médiatique est l’érosion de la déontologie. »

-          « L’usure du pouvoir commence par celle de l’enthousiasme. »

-          « La liberté de tout dire débouche sur une impitoyable censure. »

-          « La montée de l’abstentionnisme n’est jamais un signe d’indifférence mais toujours une preuve de mépris. »

-          « Notre peuple porte de graves blessures, mais il suffit d’écouter battre son cœur malheureux pour connaître qu’il entend vivre, guérir, grandir. Le jour va venir où, rejetant les jeux stériles et réformant le cadre mal bâti où s’égare la nation et se disqualifie l’Etat, la masse immense des français se rassemblera sur la France. »

De Gaulle.

 

SUR LE MEME SUJET :

 

LA DEFAITE DE LA PENSEE

 

REFLEXIONS SUR LIBERTE ET DIGNITE

 

ELITE ET CLASSE DOMINANTE

 

DU JACOBINISME

 

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