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L'Oeil de Brutus

LA RIGUEUR JUSQU’EN 2055 !

3 Janvier 2012 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

LA RIGUEUR JUSQU’EN 2055 !

 

 

C’est ce que nous promettent tous les thuriféraires de l’équilibre des comptes publics par le biais de la rigueur budgétaire. Plus de 40 ans de rigueur !

Le lecteur voudra bien trouver ci-dessous un tableau d’amortissement d’une dette de 1700 milliards € (le montant actuel estimé de la dette publique française, probablement inférieur à la réalité …). Le principe de cette simulation effectue des simplifications quelque peu grossières (négligeant par exemple les effets de l’inflation et les variations de croissance). Mais il prend aussi des hypothèses résolument optimistes :

-          Un retour à l’équilibre des comptes en 2015 (ce qui est loin d’être gagné) et un maintien de cet équilibre pendant 40 ans..

-          Un taux moyen d’emprunt maintenu à 3,5 % (ce qui, étant donné la très probable prochaine dégradation de la note française, est aussi loin d’être gagné).

 

Qu’on se le dise enfin : l’assainissement des comptes publics par simple équilibre des comptes est soit un mensonge, soit une sèche condamnation pour le peuple français à avaler au moins 4 décennies durant l’amère potion de la rigueur tout en voyant le rôle de leur Etat – et en particulier sa dimension sociale – continuellement décroître.

Que des libéraux qui conçoivent le rôle de l’Etat que comme un simple garant de sécurité puissent défendre une telle position se conçoit. Encore faudrait-il qu’ils aient l’honnêteté et la franchise de clamer publiquement la mort de l’Etat-providence, ce qui n’est pas le cas de l’actuel gouvernement.

Que des chrétiens-démocrates, comme François Bayrou, osent prétendre que c’est justement la rigueur qui permettra de conserver un Etat capable d’assumer son rôle relève de l’argument franchement fallacieux.

Mais que les soi-disant sociaux-démocrates du parti socialiste s’y mettent aussi relève soit de la fumisterie soit carrément du foutage de gueule. Et je ne relèverait même pas la position d’Europe-écologie-les verts qui ne jure que par le fédéralisme européen dans une Europe très majoritairement gouvernée par la droite libérale et surtout entièrement soumise aux dogmes néolibéraux et autres applications zélées du consensus de Washington[1].

 

Alors que faire ?

Face à l’impasse de la rigueur, il ne reste alors que deux alternatives :

-          Faire défaut sur la dette et entraîner une crise systémique (notamment faillites des banques et disparition des dépôts des particuliers) totalement immaîtrisable. Ce défaut entraînera de plus par la suite une crise de confiance des marchés qui se refuseront très probablement à se remettre à financer nos déficits publics. L’Etat se trouvera alors dans l’impossibilité de financer un quelconque projet d’investissement d’avenir.

-          Monétiser la dette. Sur le sujet, cliquer ici.

 

Lors des prochaines échéances électorales, il nous faudra alors clairement faire nos choix.

Si vous êtes libéral et estimez qu’à terme l’Etat doit disparaître pour laisser les forces du marché nous guider via leur « main invisible » pendant que notre niveau de protection sociale (et probablement nos salaires) se mettront au niveau de la Chine (on remarquera au passage que pendant ce temps celle-ci fait les choix inverses), alors pas de difficultés, les candidats de la rigueur sont faits pour vous.

Mais si vous pensez que notre nation – et notre niveau de vie – ne sauraient perdurer sans la présence d’un Etat régulateur (ce qui n’induit pas forcément un Etat encourageant l’assistanat), alors vous devrez accorder votre vote à un candidat qui se prononce clairement et ouvertement en faveur de la monétisation.

 

Année

capital restant dû
(en Mds€)

2015

1700

2016

1679,5

2017

1658,2825

2018

1636,322388

2019

1613,593671

2020

1590,06945

2021

1565,72188

2022

1540,522146

2023

1514,440421

2024

1487,445836

2025

1459,50644

2026

1430,589166

2027

1400,659786

2028

1369,682879

2029

1337,62178

2030

1304,438542

2031

1270,093891

2032

1234,547177

2033

1197,756328

2034

1159,6778

2035

1120,266523

2036

1079,475851

2037

1037,257506

2038

993,5615186

2039

948,3361718

2040

901,5279378

2041

853,0814156

2042

802,9392652

2043

751,0421394

2044

697,3286143

2045

641,7351158

2046

584,1958449

2047

524,6426994

2048

463,0051939

2049

399,2103757

2050

333,1827389

2051

264,8441347

2052

194,1136794

2053

120,9076582

2054

45,13942625

2055

0

Formule :
(capital dû)*1,0035 - 80Mds€

 

 

SUR LE MEME SUJET(cliquer sur le lien) :

 

 

L'ETAT PREDATEUR

 

LES NEOLIBERAUX-LIBERTARIENS ET LA MONNAIE

 

LETTRE OUVERTE AUX GOUROUS DE L'ECONOMIE QUI NOUS PRENNENT POUR DES IMBECILES

 

FAUT-IL MONETISER LA DETTE ?

 

COMMENT MONETISER LA DETTE TOUT EN MAITRISANT LES DEFICITS ET L’INFLATION

 

LES AGENCES DE NOTATION AURAIENT DU NOUS DEGRADER DEPUIS LONGTEMPS

 

DETTE PUBLIQUE : Nos dirigeants doivent prendre leurs responsabilités

 

Débat sur la fiscalité et le remboursement de la dette

 

POUR UNE REVOLUTION FISCALE

 

NON, L’INFLATION NE RIME PAS AVEC REVOLUTION

 

POUR UNE REFORME RADICALE DE LA FISCALITE

 

UN MADOFF PLANETAIRE

 

LES MENSONGES DE LA DETTE PUBLIQUE

 

MERKEL OU L'HOMICIDE (INVOLONTAIRE?) DE L'EUROPE

 

AUBRY ET HOLLANDE SE FOUTENT-ILS DE NOTRE GUEULE ?

 

 



[1] Proposé par l’économiste John Williamson et largement inspiré des thèses néolibérales de l’école de Chicago, le consensus de Washington propose 10 points à appliquer aux économies d’Etat en difficulté :

  • Stricte  équilibre des comptes de l’Etat (pas de relance keynésienne) ;
  • Réorientation des dépenses publiques vers des secteurs offrant à la fois un fort retour économique sur les investissements, et la possibilité d'améliorer les inégalités de revenu (soins médicaux de base, éducation primaire, dépenses d'infrastructure) ;
  • Réforme fiscale anti-redistributive ;
  • Libéralisation des taux d'intérêt ;
  • Un taux de change unique et compétitif ;
  • La libéralisation du commerce extérieur ;
  • Elimination des barrières aux investissements directs de l'étranger ;
  • Privatisation des monopoles ou participations ou entreprises de l'État, qu’il soit — idéologiquement — considéré comme un mauvais actionnaire ou — pragmatiquement — dans une optique de désendettement ;
  • La déréglementation des marchés ;
  • La protection de la propriété privée, dont la propriété intellectuelle.

Le consensus de Washington a été imposé par le FMI aux Etats qui ont du avoir recours à ses prêts, avec des conséquences le plus souvent catastrophiques, notamment en Amérique latine.

 

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