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L'Oeil de Brutus

LA FONCTIONNAIROPHOBIE (partie 2 sur 4) : Les revenus et la parité au sein de la fonction publique.

21 Novembre 2012 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

fonctionnaira6c7-e3a08LA FONCTIONNAIROPHOBIE

 

 

Cette série de billets s’appuie sur un article (ou plutôt sur la contradiction d’un article) écrit par M. Eric Verhaeghe et paru sur Atlantico.fr (Ce que le projet de loi de finances révèles sur le poids réel de la fonction publique sur le budget de la France) pour tordre le cou à un certain nombre de préjugés sur la fonction publique.

 

 

 

 

 

 

Sommaire :

1/ Sur les effectifs de la fonction publique.

2/ Les revenus et la parité au sein de la fonction publique.

3/ La fonction publique et la société française.

4/ L’idéologie néolibérale et son bouc émissaire

 

 

 

 

2/ Les revenus et la parité au sein de la fonction publique.

 

La suite de l’article de M. Verhaeghe est consacrée à une comparaison des salaires du public et du privé. De l’aveu même de l’auteur, cette comparaison n’est pas pertinente si on l’a prend sur une moyenne générale de l’ensemble des salariés des deux secteurs : fort logiquement, la fonction publique est plus largement consacrée à des tâches administratives et organisationnelles qui nécessite plus d’emplois qualifiés et moins de tâches d’exécutions faiblement rémunérées. Il s’agit donc de comparer à responsabilités équivalentes. Des chiffres mêmes que M. Verhaeghe donne on s’aperçoit que les cadres du public on des revenus de 5,3% inférieurs, les professions intermédiaires du public sont mieux loties de 8,8 % et les ouvriers ont des revenus sensiblement égaux (2,6 % de différence en faveur du public). Cela lui suffit pour conclure que les rémunérations du secteur public sont « globalement favorables par rapport à celles du privé ». Voilà une bien étrange lecture des chiffres (mais il faut dire que M. Verhaeghe s’est contenté de donner des chiffres bruts, sans calculer les écarts de pourcentage). Pour ma part, je conclurais plutôt que si les professions intermédiaires semblent légèrement avantagées dans le secteur public, ce n’est pas le cas pour le reste et qu’il n’y certainement pas de quoi crier au scandale de fonctionnaires surpayés. Il aurait été de plus intéressant de donner ici clairement le périmètre étudié : il existe en effet un certain nombre de primes (13emois, 14e mois voire 15e mois, intéressements aux bénéfices, mais aussi bonus et stock-options …) qui peuvent augmenter de manière importante des revenus dans le secteur privé et sont inexistantes dans le public. Ont-elles été prises en comptes ? Il est probable que non : les différences de rémunérations des cadres auraient alors été sans doute plus importantes de part des revenus, parfois extravagants, d’une toute petite minorité des cadres dirigeants du privé qui tire la moyenne de l’ensemble vers le haut (les revenus de certains PDG représentant aisément 50 fois le revenu moyen des cadres du privé …).

 

M. Verhaeghe s’attaque ensuite à la parité homme-femme au sein de la fonction publique de manière pour le moins paradoxale en soulignant que dans la catégorie des cadres de direction la rémunération des femmes est en moyenne de 15% inférieure à celle des hommes. Ce qui lui permet de sous-entendre clairement que la fonction publique fait de la discrimination salariale suivant le sexe. Il y a quelque chose de malhonnête à présenter ceci de cette manière. La bureaucratie d’Etat étant ce qu’elle est, les salaires des fonctionnaires sont fixés selon des grilles indiciaires en fonction des grades tenus, auxquelles se rajoutent des primes elle-même fonction des qualifications obtenues et des postes occupés. A compétences et à responsabilités égales, contrairement à ce qui sous-entendu, il est strictement impossible que dans la fonction publique, un homme soit mieux payé qu’une femme. Ce que traduit ce chiffre de 15%, et qui est certes bien regrettable, c’est que les hommes de la fonction publique occupent globalement des postes de direction dans lesquels les responsabilités sont supérieures aux postes confiés aux femmes. Cela n’est qu’une traduction d’un retard d’évolution sociétale qui n’est absolument pas propre à la fonction publique, notamment du fait qu’il est encore souvent demandé davantage de sacrifices professionnels aux femmes pour s’occuper de leurs familles. Il est d’ailleurs tout à fait révélateur que sur ce point, M. Verhaeghe ne fait aucune comparaison avec le secteur privé.

 

Sommaire :

1/ Sur les effectifs de la fonction publique.

2/ Les revenus et la parité au sein de la fonction publique.

3/ La fonction publique et la société française.

4/ L’idéologie néolibérale et son bouc émissaire 

 

 

 

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