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L'Oeil de Brutus

L'INCOMPETENCE DES MEDIAS (Circus Politicus 6/14).

5 Février 2013 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Lectures

pravdaCIRCUS POLITICUS

Christophe Deloire, Christophe Dubois
Albin Michel 2012.
Cette série d’articles visent à faire paraître les notes de lecture de cet ouvrage. Elle n’en dispense nullement de la lecture !
Sommaire :
6/ L’incompétence des médias.

12/ Le « Swiftgate »

13/ Les politiciens français et l’Europe

14/ De l’usage des sondages dans le monde politique français

           

           

            L’incompétence des médias.

 

         

 

Entre politiques et médias, on ne joue pas toujours à cache-cache. Dominique Paillé, l’ancien porte-parole de l’UMP, ne prend ainsi pas de pincettes, lorsqu’il s’exprime devant de jeunes étudiants du Centre de Formation des journalistes (CFJ) : « Nous sommes plutôt dans une situation de tentative de manipulations, mais elle est de bonne guerre. Nous avons compris l’attitude un peu superficielle des journalistes, nous créons tous les jours de nouveaux évènements pour qu’ils ne puissent pas focaliser, se concentrer, réfléchir, et dénoncer durablement un certain nombre d’aspects de la politique que nous menons, et sur lesquels, je le dis très sincèrement, il y aurait certainement matière à dire, à écrire. » (page 111). En rencontrant les auteurs de l’ouvrage, il achève d’ailleurs de lever le voile : «  Vous faites dire à dix bouches, qui, normalement, font autorité, dix fois de suite, que les bonus ont été arrêtés, les Français en seront convaincus. Jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que ce n’est pas le cas, mais alors on sera passé à autre chose » (page 112).

 

Pour les besoins de la « politicaillerie », n’importe quelle hypocrisie est bonne à prendre et les médias se font fort de s’y laisser prendre. Ainsi aucun d’entre eux ne sembler cerner la contradiction qu’il peut y avoir lorsqu’un gouvernement s’émeut que Renault délocalise en Turquie alors même que l’ancienne régie a 15% de son capital contrôlé par l’Etat et donc que ce même gouvernement dispose de forts moyens de pression pour influer sur le décisions de Carlos Gohn (pages 112-113).

 

Mais les médias français ne s’arrêtent pas à l’incompétence, ils ont aussi un parti pris idéologique plus que marqué. L’illustration la plus aboutie en est l’ostracisation complète du prix Nobel d’économie Maurice Allais dès le moment qu’il a commencé à avoir une position un temps soi peu critique à l’égard du libre-échangisme : il en a, bien malgré lui, immédiatement disparu des écrans, des ondes et des colonnes de quasiment tous les grands médias (pages 401-404).

 

 

 

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