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L'Oeil de Brutus

EXTREME-DROITE : LE DOUBLE LANGAGE DE L’UNION EUROPEENNE ET DES MEDIAS

5 Février 2012 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

Europe

 

 

 

EXTREME-DROITE : LE DOUBLE LANGAGE DE L’UNION EUROPEENNE ET DES MEDIAS

 

 

 

 

Après les différentes législations mises en œuvre par Viktor Orban, La Hongrie a été mise simultanément au ban de l’Union européenne et à l’index par la scène médiatique bien-pensante. Il ne s’agit pas ici de défendre les inacceptables mesures du premier ministre hongrois (notamment sa mise sous contrôle étroit des médias), même si toutes ses mesures ont été votées par un parlement démocratiquement élu et peuvent donc se parer du manteau de l’Etat de droit.

Il s’agit plutôt de comparer le traitement reçu par les Magyars à celui que connaît le gouvernement grec. On relèvera dans un premier temps que le dernier gouvernement des Hellènes souffre d’un déficit démocratique certain : ce sont les instances internationales qui ont imposé la chute du gouvernement de Papandréou et son remplacement par un gouvernement de technocrates sans que de nouvelles élections aient lieu (les prochaines semblent d’ailleurs parties pour être reportées aux calendes … grecques). Mais ce qu’à peu près tout le monde ignore, faute de relais médiatiques, c’est que le gouvernement grec – imposé par l’UE et le FMI – est issu d’une coalition englobant le LAOS[1], parti notoirement d’extrême-droite. L’un de ses membres, Mákis Vorídis, a ainsi hérité du portefeuille de Ministre des Infrastructures, des Transports et des Réseaux. Mais surtout, le président de ce parti, Georges Karatzaféris, a eu par le passé des prises de positions qui pourraient faire passer notre Marine Le Pen presque pour une douce centriste.

Il n’a ainsi pas hésité à affirmer : "Parlons des mythes d'Auschwitz et de Dachau et de ces fours, parlons des chambres à gaz pour voir si les murs étaient isolés pour retenir le gaz ou s'ils étaient seulement faits de briques.", ou encore que le Mossad était au courant des attentats du 11 septembre et mieux encore que son parti était ne souffrait pas la présence de juifs, de communistes, d’homosexuels et de francs-maçons[2].

Paradoxalement, que de tels personnages puissent participer à un gouvernement de l’Union ne semblent pas déranger les instances bruxelloises. Les médias français n’ont relevé le fait que mollement, sans commune mesure avec le lynchage médiatique dont fait l’objet le gouvernement hongrois.

Mais les raisons en sont simples : le gouvernement grec est là pour appliquer les dogmes  ordolibéraux prônés par les instances européennes et plus ou moins tacitement acceptée par les grands médias, tandis que Victor Orban, notamment en prenant des mesures de nationalisations dans le secteur financier et en reprenant la main sur sa banque centrale, va à l’encontre de ces dogmes.

 

Ainsi, l’Europe et la pensée unique médiatique peuvent très bien s’accommoder de l’arrivée au pouvoir d’une extrême-droite révisionniste et ouvertement antisémite et xénophobe, tant que celle-ci participent de l’application de ses dogmes. Par contre, elles n’hésitent pas à ostraciser tout élément qui viendrait les contredire. Car au fond, qu’est-ce qui les dérange le plus : le contrôle des médias par le premier ministre hongrois ou le fait qu’un des membres de l’UE ose encore clamer sa souveraineté ?

 

Ce double langage confirme bien non seulement que l’ordolibéralisme européen se moque de la démocratie, mais surtout qu’en agissant de la sorte il fait le jeu de l’extrême-droite qui peut ainsi se poser en unique défenseur de la souveraineté. Il est plus que temps que les Républicains de tous bords s’unissent pour démonter qu’il existe une autre voie que l’utopie néolibérale, et la complicité objective de ce dernier avec l’extrême-droite.

 

 

 

 



[1] Alerte Populaire Orthodoxe

[2] Lire Alain Salles, En Grèce, l'entrée de l'extrême droite au gouvernement crée le malaise, Le Monde, 17/11/11 : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/16/l-entree-de-l-extreme-droite-grecque-au-gouvernement-provoque-une-polemique_1604447_3214.html

 

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