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L'Oeil de Brutus

COMPRENDRE LA NON VIABILITE DE LA ZONE EURO (2/6) (mis à jour 05/07/12)

2 Juillet 2012 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

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Pour accéder à la première partie de cet article : cliquer ici

 

 

2ePARTIE

 

Solution 1 (S1).

 

Therul et Pylome se conçoivent comme un peuple unit, c'est-à-dire qu’à travers une identité et des valeurs communes, ils s’imaginent un avenir commun. Dans ce cadre, ils conçoivent l’un et l’autre des sacrifices au profit de cet avenir.

Pour cela, Pylome doit commencer par se débarrasser de son oligarchie corrompue et accepter une réforme fiscale et administrative d’ampleur qui conduit tout à chacun à contribuer à l’effort national à hauteur de ses capacités.

Mais paradoxalement, c’est du côté de Therul que l’effort doit être le plus important. Il doit admettre qu’il est nécessaire de mettre fin au mercantilisme vampirique et mortifère à l’égard de son voisin. Pour cela, il doit mettre en place une revalorisation de ses salaires et de sa fiscalité mais surtout il doit accepter, par solidarité, des transferts financiers massifs (et non des crédits) vers Pylome  afin que celui-ci redynamise son économie.

 

Solution 2 (S2).

 

La charge de la dette devient insupportable pour Pylome et, faute de solidarité de la part de Therul, il se retrouve lancé dans une spirale infernale : son endettement le contraint à diminuer les services (de tous types) de l’Etat, ce qui entraine une contraction de l’économie qui elle-même entraine une contraction des rentrées fiscales et en conséquence accroit son endettement. Cette spirale génère un chômage de masse qui désespère la population au point qu’elle en vient à admettre, par quelque biais que ce soit[i], la seule solution réaliste face au mercantilisme agressif de Therul : des protections économiques. Pylome effectue une dévaluation compétitive de sa monnaie[ii] (et si elle a la même monnaie que Therul, elle quitte son système monétaire) et instaure des barrières douanières pour que les produits de son voisin cessent d’inonder son marché. Il est également plus que probable que Pylome devra se résoudre à faire défaut sur une grande partie de sa dette, devenue de toute façon insolvable, ceci entrainant une grave crise financière, suivie d’une forte récession économique, en Therul. Celui-ci en viendra alors probablement a appliquer de multiples mesures de rétorsion, potentiellement par l’usage de la force armée, à l’égard de Pylome[iii]. C’est d’ailleurs la terrible hypothèse envisagée par Bernard Wicht :une nouvelle guerre de trente ans en Europe.

 


Suite : cliquer ici 


[i] C’est-à-dire que soit un parti, de quelque bord politique soit-il, prônant les solutions économiques données ci-après arrive au pouvoir, soit la dégradation continue de la situation sociale entraîne la mise en place arbitraire d’un pouvoir autoritaire via un coup d’Etat.

[ii] Sa monnaie valant alors « moins cher » que celle de son voisin, ses exportations s’en trouvent favorisées pendant que les importations de Therul sont défavorisées.

[iii] Si Therul et Pylome appartiennent à une alliance de type militaire (par exemple l’OTAN pour ne pas la citer …), on pourrait objecter qu’une confrontation armée serait impossible. C’est méconnaître l’histoire et croire à l’éternité des alliances. Dans la Grèce antique, Athènes avait mis au point la Ligue de Délos pour lutter contre les invasions perses à l’issue des guerres Médiques (Ve siècle avant JC), regroupant autour d’elle la plupart des cités grecques de la Mer Egée. Mais devant les exigences de plus en plus contraignantes des Athéniens, la ligue s’est progressivement dissolue avant de se retourner contre son maître.

Rien n’exclut donc, à moyen terme, une confrontation entre membres d’une même alliance. En outre, Therul peut très bien tirer excuse de l’anarchie issue des troubles sociaux en Pylome pour y mener une opération de « rétablissement de l’ordre », y compris d’ailleurs dans le cadre d’une clause d’assistance mutuelle de la dite alliance (telle qu’elle existe également dans l’Union européenne, article 42 paragraphe 7 du traité de Lisbonne).

 

 

 

 

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