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L'Oeil de Brutus

LES PRECIEUX RIDICULES

12 Décembre 2014 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Les Billets de Marc Rameaux

LES PRECIEUX RIDICULES

Billet invité de Marc Rameaux

Ils disent de prendre des risques mais n’en prennent aucun.

Lorsqu’ils ont la responsabilité d’un sujet, ils demandent à d’autres comment ils ont avancé dessus.

Si leur action échoue, ce sont les exécutants qui ont mal fait ou mal compris. Ils sont des professionnels de la défausse.

Ils sont clients de leurs équipes, ils n’en sont pas meneur d’hommes : cela tombe bien, un client n’a pas à prendre de responsabilités.

Ils ne sont pas tenus de vérifier si ce qu’ils ont édicté est réalisable, ni d’élaborer les moyens pour y parvenir. Par exemple une réforme des rythmes scolaires.

Ils donnent des leçons sur l’économie mais n’ont jamais mis les pieds en entreprise ni jamais réalisé quoi que ce soit de concret.

Ils font voter des lois générales sur l’écologie, mais ne commencent pas par des mesures concrètes évidentes, comme d’élargir les circuits routiers d’île de France pour cesser de gaspiller des milliards par an en embouteillages. Il est vrai que c’est moins attractif pour leur image. Et qu’il faut commencer à s’intéresser à la vie concrète des gens.

Ils se font voter des salaires ou des avantages qui en un an les dispenseraient de travailler toute leur vie et crient contre le coût du travail.

Ils en appellent à l’esprit d’entreprise, mais ils ne prennent que les leviers de commandement des grands groupes, qui ne nécessitent aucune qualité entrepreneuriale, seulement politique.

Ils ne réalisent ni ne pilotent rien, mais font réaliser et piloter par bien meilleur qu’eux, en les maintenant bien sous le boisseau.

Ils parlent d’esprit d’équipe mais s’octroient des salaires gigantesques nullement dus à leur mérite, et ne laissent que des miettes à ceux qui ont vraiment entrepris et pris des risques.

Ils parlent de civisme et démocratie, mais s’estiment au-dessus des lois si un jour ils doivent rendre des comptes à la justice.

Ils parlent d’égalité des chances mais nomment leurs amis ou leur famille.

Ils parlent de réduire le train de vie de l’état, et lorsqu’ils le font ils taillent dans les effectifs ou le budget des opérationnels de terrain, déjà pas assez nombreux, et ne touchent pas aux bureaucraties des sièges ou locales. Il est vrai que ce sont ces derniers qui doivent mettre en œuvre les dites réductions.

Ils parlent de courage mais ne sont fermes qu’avec ceux qui ne peuvent se défendre ou qui respectent les règles, et ils s’aplatissent devant les caïds.

Ils parlent de droit, mais Montesquieu ou Kant sont pour eux un signe d’appartenance à la classe supérieure, non une conviction.

Ils parlent de proximité des gens, mais lorsqu’une agression survient, ils traitent agresseur et victime dans un même dossier « social ». En prenant soin de n’avoir aucun responsable identifié du dossier.

Ils parlent de civilisation, mais ignorent que celle-ci ne parvient à vivre que lorsqu’on a une idée exacte de l’usage légitime ou illégitime de la force pour que le droit ait le dernier mot. Non par un humanisme sirupeux.

Ils parlent de dignité mais se roulent par terre comme des enfants capricieux pour un signe de reconnaissance. Par exemple en intriguant pour être seul à monter les marches du festival de Cannes. Et ne se rendent pas compte une seule seconde de leur bassesse.

Ils inversent toutes les responsabilités. Si l’on critique ou dévoile toutes leurs petites malversations et leurs petites combines, ils crient au poujadisme, lorsque c’est eux qui font tout pour les alimenter.

Ils parlent de respect des autres mais lorsqu’ils sont en coulisse, se disent « prédateurs » et « tueurs », avec fierté.

Ils se disent « prédateurs » et « tueurs » - oh bien sûr pas en public – et s’enfuient en glapissant s’ils croisent le chemin d’un vrai combattant et homme libre.

Ils parlent de rigueur et en exigent des autres une extrême, au travail comme en économie. Mais ne font preuve que d’une permissivité complète vis-à-vis d’eux-mêmes

Ils parlent de liberté, mais n’autorisent finalement qu’un seul chemin. Celui de rejoindre leur modèle répugnant de « réussite » par le vol du mérite de bien meilleurs qu’eux. Et broient ceux qui se donnent des buts véritablement beaux et libres. Oh, pas tout de suite, afin de récupérer au maximum leur valeur.

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