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L'Oeil de Brutus

NICOLAS SARKOZY OU L’ANTI CHARLES DE GAULLE

13 Octobre 2014 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

NICOLAS SARKOZY OU L’ANTI CHARLES DE GAULLE

NICOLAS SARKOZY OU L’ANTI CHARLES DE GAULLE

 

 

Reprise d’un billet, revu et augmenté, d’avril 2012, également publié sur Gaulliste libre.

 

 

Le candidat de l’UMP aime à se présenter comme l’héritier du gaullisme. Si cela l’amuse. Mais ce qui est surprenant c’est, qu’en dépit des faits, un nombre important de militants du parti présidentiel semble y croire, reniant sans même s’en rendre compte ce qui fut un temps, au moins en apparence, le socle des convictions de l’ancien RPR. Pourtant n’importe quel raisonnement un temps soit peu argumenté suffit à constater qu’entre le sarkozysme et le gaullisme il existe un gouffre.

 

Nicolas Sarkozy est libéral. Il croit aux forces du marché, à l’individualisation de la performance, à la politique du chiffre et à l’Etat réduit à sa plus simple expression. Il tend à considérer les lourdeurs de ce dernier comme l’expression de son inefficacité et se méfie de la fonction publique qu’il juge avec hauteur comme un ramassis de profiteurs[1] car elle n’a pas été éduquée au dynamisme du privé (alors qu’il n’a lui-même quasiment jamais travaillé dans le privé).

Charles de Gaulle était interventionniste et dirigiste. Il n’a sans doute jamais prononcé le mot mais sa politique était d’inspiration keynésienne. Sans pour autant négliger les vertus de l’initiative privée, il estimait que l’Etat devait donner l’impulsion à l’économie. D’où ses grands projets tels qu’Ariane, le Concorde, Airbus, le TGV ou le nucléaire (Quel grand projet a initié Nicolas Sarkozy ?). D’où sa dévaluation du franc pour restaurer la compétitivité nationale (malgré ses incantations de la campagne de 2007 sur l’euro – qu’il ose réitérer aujourd’hui – Nicolas Sarkozy n’a jamais demandé à dévaluer l’euro ni sérieusement exigé de l’Allemagne une réforme de la BCE). Charles de Gaulle estimait que le capitalisme devait être régulé – sa fameuse « troisième voie » - et se méfiait des milieux financiers. Nicolas Sarkozy, comme François Hollande, en a fait ses meilleurs amis.

 

Nicolas Sarkozy est atlantiste comme l’ont prouvé la réintégration des structures militaires de l’OTAN, le suivisme des Américains en Afghanistan ou encore sa proximité avec Georges W. Bush.

Sans pour autant renier l’amitié franco-américaine (comme, par exemple, pendant la crise des missiles de Cuba), Charles de Gaulle se méfiait des tendances à l’hégémon des Etats-Unis et préservait jalousement l’indépendance de la France vis-à-vis de son puissant allié comme l’ont prouvé le retrait des structures militaires de l’OTAN, sa critique virulente de la guerre du Vietnam (discours de Phnom Pen) ou encore son voyage au Québec. Charles de Gaulle concevait la France comme un allié des Etats-Unis, non comme un vassal.

 

Nicolas Sarkozy est communautariste.

Charles de Gaulle défendait une République une et indivisible. Il n’aurait jamais fait d’instances communautaires des institutions soi-disant représentatives et ne se serait jamais compromis à assister au repas de l’une d’entre elles.

 

Charles de Gaulle avait un haut mépris de l’argent et ne supportait pas les compromissions et les conflits d’intérêts.

Nicolas Sarkozy a fait de l’argent l’une de ses références majeures et laisse ses collaborateurs se noyer allègrement dans les conflits d’intérêts lorsqu’il n’y patauge pas lui-même en conservant les parts de son cabinet d’avocat pendant son mandat.

 

Charles de Gaulle croyait au temps long et à la réflexion. En disciple de Bergson, il savait qu’il faut « penser en homme d’action et agir en homme de pensée ».

Nicolas Sarkozy se fourvoie en agitation permanente et stérile sans ligne directrice et sans vision de l’avenir[2].

 

Charles de Gaulle savait pardonner pour rassembler.

Nicolas Sarkozy s’acharne sur ses ennemis[3].

 

Charles de Gaulle a laissé la France avec des comptes publics à l’équilibre.

Sous Nicolas Sarkozy, l’endettement public a explosé comme jamais.

 

Charles de Gaulles estimait l’apprentissage de la culture et de l’histoire comme des éléments indispensables à la compréhension du monde. En cohérence avec son libéralisme, Nicolas Sarkozy a une vision utilitariste de l’éducation : pour lui l’élève se résume à un futur travailleur. Et c’est bien pour cela qu’il a, entre autres mesures, fait supprimer l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique.

 

Charles de Gaulle concevait l’Europe comme une Europe des Nations dont la coopération de ses membres souverains ferait la force de l’ensemble.

Européiste, Nicolas Sarkozy a bafoué la volonté du peuple souverain exprimé par référendum en 2005 pour faire passer en catimini parlementaire le traité de Lisbonne. Et il réclame aujourd’hui encore plus de transfert de souveraineté après avoir élaboré et signé un traité qui mettrait les finances de la France sous la tutelle des technocrates de la Commission européenne.

 

Humaniste, Charles de Gaulle croyait en la capacité de l’homme de s’élever par l’effort, la connaissance et l’éducation.

Nicolas Sarkozy est foncièrement déterministe comme l’attestent ses propos sur les pédophiles ou les futurs délinquants de Maternelle.

 

Enfin, Charles de Gaulle avait une haute idée de sa fonction présidentielle qu’il croyait au-dessus des partis et des basses querelles pour réunir Français.

Nicolas Sarkozy attise les clivages et les corporatismes. « Divide e impera » pourrait être sa devise. Mais ne s’arrêtant pas à cela, il copine avec le « club des grands donateurs » et la clique du Fouquet’s.

 

Charles de Gaulle était la France dans ce qu’elle a de plus grand.

Nicolas Sarkozy est la France dans ce qu’elle de plus petit et médiocre : les divisions, les querelles de clans et les bassesses.

 

 

 

Origine de l'illustration : http://www.etat-critique-blog-politique.com/article-sarkozy-le-chien-de-garde-du-monde-des-affaires-82906232.html

 

 

[1] Tout comme les chômeurs, lire Les chômeurs ces profiteurs.

[2] Lire Franz-Oliver Giesbert, M. Le Président, Flammarion 2011. Ma fiche sur cet ouvrage : http://loeildebrutus.over-blog.com/article-m-le-president-84550987.html

[3] Lire Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Sarko m’a tuer, Stock 2011. Ma fiche sur cet ouvrage : http://loeildebrutus.over-blog.com/article-sarko-m-a-tuer-89380964.html

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