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L'Oeil de Brutus

DE LA GRECE A L'UKRAINE

25 Février 2014 , Rédigé par L'oeil de Brutus

DE LA GRECE A L'UKRAINE

DE LA GRECE A L’UKRAINE

GRECE (2010-2014).

Même si ses racines plongent bien avant, la crise grecque démarre effectivement en avril 2010 lorsque le gouvernement grec accepte de se placer sous la tutelle de la Troïka (BCE, Commission européenne, FMI). Les mesure d’austérité et « plans de sauvetage » s’enchaînent alors, plongeant le pays dans un chaos économique sans pour autant parvenir à faire baisser le niveau de l’endettement public. Devant cette « stratégie du choc », une grande partie du peuple grec refuse de plus en plus vertement ce suicide économique et social.

1 an et demi plus tard, les 19 et 20 octobre 2011, la Grèce en est à sa treizième grève générale depuis le début de la crise. Des heurts violents opposent forces de l’ordre et manifestant, causant un mort parmi ces derniers. Dans un sursaut démocratique, le 31 octobre 2011, le Premier ministre Papandréou annonce la tenue d’un référendum sur l’adoption du nouveau « plan de sauvetage » en cours. S’en suit un véritable coup d’état technocratique lors duquel la Troïka contraint le gouvernement grec à la démission et au renoncement au référendum (4 novembre 2011). A l’issu du départ de M. Papandréou se forme un nouveau gouvernement dit d’ « union nationale » qui accepte en son sein des ministres issus de la formation d’extrême-droite LAOS, sans que cela ne fasse tiquer le moins du monde la bien-pensance européenne.

Le 6 mai 2012, les trois partis qui se partagent le pouvoir en Grèce depuis la fin de la dictature des colonels (PASOK, ND) recueillent à eux trois 32% des suffrages aux élections législatives (contre 77% lors des élections précédentes !). Aucun gouvernement ne peut être formé. De nouvelles élections sont convoquées en juin et aboutissent à un nouveau « gouvernement d’union nationale »[i].

En janvier 2013, le FMI admet s’être trompé sur l’évaluation du multiplicateur budgétaire et des conséquences de l’austérité sur l’économie grecque. Le 5 juin 2013, sa directrice, Mme Christine Lagarde admet les « échecs notables » de la politique conduite en Grèce, notamment en raison des désaccords avec ses partenaires européens de la Troïka[ii].

Depuis le début de la crise, la Grèce a connu une forte hausse des homicides, de la prostitution, des infections au virus HIV (+50%), des suicides (+100%). Le chômage vient d’atteindre un nouveau record (28% en novembre dernier) et malgré le défaut partiel de 2012, la dette publique a repris le chemin de la hausse (171% par rapport au PIB) …

Mais tout cela ne semble nullement choquer les institutions européennes ni l’immense majorité des européistes. Après tout, l’UE c’est la paix, la démocratie et la prospérité …

UKRAINE (2010-2014)[iii]

Le 7 fevrier 2010, Viktor Ianoukovytch est démocratiquement élu présent de la président de la République en Ukraine, l’OSCE reconnaissant que le scrutin avait été « transparent et honnête ».

Sans commettre de coup d’état, le pouvoir ukrainien connaît par la suite une inclination à la fois pro-russe et autoritariste. Ces dérives sont de plus en plus vertement dénoncées par une partie du peuple ukrainien, qui se sent notamment plus lié à l’Europe qu’au voisin russe[iv].

En février 2014, alors que des manifestations ont lieu depuis des semaines, le pouvoir ukrainien les réprimes brutalement et dans le sang.

Les institutions européennes et l’immense majorité des européistes se déclarent profondément choqués. On en saurait leur donner entièrement tort. Mais n'y aurait-il pas quand même là une profonde contradiction[v] ?

Lire également sur le sujet : Maiden contre l'Ukraine de Jacques Sapir.

[i] PASOK et ND n’ont toujours obtenu la majorité absolue des suffrages – loin de là - mais ND bénéficie de la « prime » au parti arrivé en tête pour obtenir, avec l’appui du PASOK, une majorité relative au Parlement.

[ii] « La confiance des marchés n'a pas été rétablie (…) et l'économie a été confrontée à une récession bien plus forte que prévu »

[iii] On remarquera l’inaptitude quasi intégrale de presque tous les grands médias à présenter clairement les origines de la crise ukrainienne. Dans ce brouillard de l’information, voir tout de même cet article de bonne facture paru sur Marianne, ou encore le dernier Ce soir ou jamais.

[iv] La population ukrainienne inclut une très forte minorité russe (près de 20%).

[v] D’autant plus que, contrairement à la Grèce, l’Ukraine est un pays souverain non membre de l’UE …

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Christian 02/03/2014 20:51

Les européens sont choqué par quoi ????? ils ont manipulé le peuple d'Ukraine enfin 1% et participé à l'organisation du putsch avec les USA qui ont financé Timochenko et ses alliés de Svoboda à hauteur de 100.000.000. de dollars !!!!! dans le but de mené une politique de grande austérité en Ukraine et d'y installer des bases de l'organisation criminelle qu'est l'OTAN !!!!